Sur la route

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Dernier verre avec les copains avant un moment. Au moment où on s’échange des « au revoir », je me rends compte que, ça y’est, le départ est proche. Mes proches semblent plus épatés par ma décision que je ne le suis : je crois que je ne réalise qu’à moitié ce qui m’attend. C’est quelque chose qui a changé en moi : y aller étapes par étapes. Et une petite voix au fond de moi me dit toujours : « tu verras bien quand tu y seras ». En confiance et en sérénité.

Il faut dire que ça fait longtemps que je fantasme ce voyage : je l’imaginais loin, à l’autre bout du monde, en sac à dos et, surtout, toute seule, comme « seuls les vrais font ». Je rêvais de sentiers abandonnés, de steppes, de paysages à perte de vue, de rencontres insolites… Peut-être inspirée par les vadrouilles de jeunesse de mon père qui a quitté Hong Kong à ses 18 ans, et sans aucun doute inspirée par ces romans et films d’aventures et de voyages initiatiques. Ces récits m’évoquaient une sensation de liberté totale, une reconnexion à la part de « sauvage » et du nomade en chacun de nous…

Alors quand une amie que j’affectionne beaucoup annonce son mariage au Sri Lanka, je vois là l’opportunité de rendre ce rêve réel : depuis le Sri Lanka, les pays que j’ai envie de faire ne sont plus très loin.

Choisir et partir.

Il a fallu d’abord faire un choix des pays que je voulais visiter. Ce fut étonnamment simple : passage obligé en Inde et au Népal, terres qui m’attirent depuis l’enfance et dont la seule évocation des noms me transportent déjà. Enfin, la Chine ou du moins, une partie d’elle pour ce retour aux racines que je sens nécessaire depuis plus d’un an.
Pas de roadmap détaillé, uniquement des bouts d’itinéraires, des brouillons… mais surtout l’envie de me laisser bercer par les rencontres, et la magie qu’offre la vie.
Quand je rencontre quelqu’un, qu’importe le pays dans lequel je me trouve, dès qu’il me raconte son histoire, son vécu, ses expériences… je voyage déjà. Seulement bientôt, cela sera dans un autre décor, et sous une autre forme.

« Quel courage tu as de partir ! » m’a-t-on dit à plusieurs reprises. Du courage et sans doute une grosse pincée de culot : si je ne le fais pas maintenant, au moment de ma vie où j’ai le moins de responsabilités, quand est-ce-que je le ferais ? Pas d’enfants, de prêts à rembourser… La seule grosse prise de risque que j’avais dans le fond, c’était pour ma micro-entreprise. Mais j’avais compris depuis plusieurs années que je m’attachais aux excuses pour ne pas partir : peur de manquer d’argent en cours de route, peur de tomber sur de mauvaises personnes, peur de ne pas savoir gérer les mauvaises situations…
Ces dangers sont bien sûrs réels : ça serait mentir de dire que cela n’arrive jamais. Mais il y a aussi des personnes qui voyagent dans les mêmes conditions que j’ai et qui s’en sortent très bien. Alors, pourquoi pas moi ? Peut-être que le secret c’est d’y aller en douceur et en prudence, tout simplement.

En fait, je vous dit ça, mais il y a une part d’insouciance et d’inconscient dans tout ça : à vous dire vrai, je n’ai aucune idée de ce que je fais (vous êtes tous rassurés comme moi). Comme tout début de processus créatif… La page est vierge et tous les possibles sont là. Alors autant commencer par tracer un trait et voir où cela m’emmène.

 

2 commentaires
  • Hello Angel,

    Je ne savais pas que tu allais partir, tu as raison de le faire 🙂
    C’est à faire quand tu le peux ou plus tard tu le regretteras de ne pas t’etre lancée dans l’aventure.
    Je sais pas si ta mère t’a dit, on a une nouvelle aventure qui nous attend, une petite fille qui arrive debut novembre 🙂

    Bises et profite a fond !

    Céline

    • Coucou Céline,

      Merci pour ton commentaire, et oui, je le fais exactement pour les raisons que tu cites 🙂
      Ma mère m’a informé de cette nouvelle, mais je ne savais pas si c’était une fille ou un garçon ! C’est génial, et je vous souhaite de vivre cette aventure pleinement !
      Gros bisous !

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